Le Zoo de Granby reçoit l’aide de municipalités pour protéger des chauves-souris brunes
Les biologistes du Zoo de Granby se lancent dans une mission de préservation qui va bien au-delà des frontières du zoo. Ils sollicitent l'aide du public pour trouver des colonies de chauves-souris brunes dans la région, un insectivore aérien « à préserver », estime le coordonnateur scientifique Louis Lazure. Plusieurs municipalités de la région ont décidé de participer à ce projet. C'est le cas de la Ville de Sherbrooke et des municipalités de la MRC de Coaticook, du Haut-Saint-François et du Granit. Ainsi, les citoyens de ces secteurs qui font la découverte d'une ou de plusieurs chauves-souris brunes sont invités à communiquer avec le Zoo, plus précisément avec Louis Lazure lui-même. Ses coordonnées se trouvent sur le site web du Zoo de Granby ainsi que sur les sites des municipalités participantes. La chauve-souris brune peut élire domicile dans tous types de bâtiments. Photo : Gracieuseté / Zoo de Granby On recommande d'ailleurs à la population qui souhaite collaborer à ce projet de recherche d'éviter d'interagir avec les chauves-souris brunes. Une fois mis au courant de la présence d'une colonie à conserver, les spécialistes envisageront la mise en œuvre de mesures de cohabitation. Louis Lazure donne un exemple. Si le Zoo de Granby déploie ces efforts de préservation maintenant, c'est que la survie des chauves-souris brunes est plus menacée que jamais depuis un peu plus d'une décennie. Ça a été catastrophique. M. Lazure tient à déconstruire les mythes qui persistent à propos des chauves-souris. Elles peuvent faire peur, mais elles sont tout sauf agressives et sont essentielles dans la nature. Une chauve-souris brune en plein vol. Photo : Gracieuseté / Zoo de Granby Alors que les cas de rage, notamment du raton laveur, en Estrie, inquiètent les autorités, Louis Lazure rassure les résidents. Il n'y a pas d'augmentation de la prévalence de la rage chez les chauves-souris en ce moment.On est à la recherche de sites d'importance pour les animaux qui se nourrissent d'insectes en vol. Ça comprend les oiseaux comme les martinets ramoneurs et les chauves-souris, qui sont ma spécialité à moi
, explique le spécialiste.On espère accompagner les gens parce que souvent, on va trouver [des chauves-souris] chez les propriétaires, dans les domiciles ou dans les bâtiments de leur terrain. On veut les accompagner afin qu'ils cohabitent harmonieusement avec les chauves-souris pour protéger ces colonies-là à long terme.

L'idéal, c'est de les laisser tranquilles. On va évaluer la situation lorsque les gens entrent en contact avec nous. On peut aider les gens à estimer le nombre de chauves-souris qui composent la colonie. Ensuite, on établit si la colonie est intéressante du point de vue de la conservation
, résume le coordonnateur scientifique.On évite de déranger la colonie inutilement en entrant dans les espaces où les chauves-souris peuvent se tenir. Si jamais vous avez des travaux à faire dans un espace où il y a des chauves-souris, on suggère d'attendre plus tard à l'automne, lorsqu'elles sont parties. Elles sont rarement dans un domicile ou dans un bâtiment à longueur d'année, donc elles vont choisir un endroit pour passer l'été, peut-être avoir des petits à cet endroit-là, mais l'hiver, elles vont aller ailleurs.
Espèce en danger
Certaines d'entre elles sont susceptibles d'attraper une maladie de la faune, qui est le syndrome du museau blanc. C'est un champignon qui pousse sur les chauves-souris pendant qu'elles hivernent. Le champignon est arrivé en 2010 au Québec et certaines des espèces de chauves-souris québécoises ont subi une réduction de leur population de 90 à 95 %.
Ce qu'on voit de nos jours, c'est que les chauves-souris qui restent de ces espèces-là ont probablement une résistance, mais vu que les populations ont tellement baissé, chaque colonie est maintenant super importante pour assurer le retour à des populations telles qu'on les voyait avant la maladie
, ajoute le coordonnateur.Les chauves-souris nous rendent beaucoup de services au niveau de l'écosystème. Elles sont insectivores et mangent des insectes parfois nuisibles [pour les secteurs] agricole et forestier.

Comment cohabiter si la rage se propage?
Ce n'est pas la même souche de rage qu'on trouve chez les chauves-souris brune.s
Les chauves-souris peuvent être des vecteurs de la rage, certes, mais un faible pourcentage d'entre elles portent la maladie.Il n'y a quand même aucun risque à prendre, soutient M. Lazure. Si jamais quelqu'un entre en contact avec une chauve-souris, il vaut mieux appeler son médecin ou au 811 pour se faire guider.
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